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puntodefuga
mercredi 05 mars 2008, a 14:16
Que se passe-t-il entre la Colombie et le Venezuela?

(VF du post précédent, écrit le 21 février 2008)

 

Les médias des deux pays ne cessent de dresser un panorama de tensions fortes qui seraient loin de se résoudre et qui pourraient entraîner une guerre entre ces deux pays, dans laquelle seraient rapidement engagés d'autres états latino-américains...

 

La tension actuelle entre les deux gouvernements s'est aggravée lors du retrait officiel de Chavez du processus de négociation pour la libération des otages politiques des FARC en janvier de cette année. A cette occasion le président Uribe a retiré tout pouvoir de médiation au président venezuelien, sans que les raisons de cette décision ou de celle du gouvernement Chavez de geler les relations diplomatiques avec la Colombie soient suffisamment claires pour l'opinion publique.

 

Que reproche Chavez à Uribe? Ses liens étroits avec le gouvernement des Etats-Unis, son refus de lui reconnaître une indépendance idéologique par rapport à ceux que l'élu vénézuélien appelle “yankees impérialistes”, sa complicité dans un supposé plan de la CIA qui chercherait à lui mettre la corde au cou... Il lui reproche de l'accuser d'être un narco-gouvernement et un pays qui protège des terroristes. Que reproche Uribe à Chavez? Sa reconnaissance publique du caractère de belligérants des FARC et son désir d'imposer un rythme personnel (à la Chavez) à une guerre avec la guérilla marxiste colombienne, face à laquelle il ne doit pas y avoir d'autre langage que celui de la confrontation en vue de son anéantissement. Il lui reproche de considérer son gouvernement comme un élément de la CIA qui cherche à déstabiliser la région.

 

Au-delà des menaces réelles ou imaginaires il est certain que le gouvernement colombien a appelé à la prudence, demandant à ses ministres de ne pas réagir face aux déclarations du gouvernement vénézuélien.

 

Le 24 janvier dernier l'émission colombienne La Noche[1] a indiqué qu'il existait des suspicions fondées que le voisin vénézuélien était en train de s'armer en vue de répondre à une attaque colombienne orchestrée par les Etats-Unis et précisé que les prétentions du Vénézuéla en intervenant sur le territoire colombien s'étendraient à la récupération du territoire qui correspondait historiquement au Venezuela selon les frontières tracées au XIXème siècle. Ceci est explicite dans un article de la constitution de la République Bolivarienne du Venezuela, selon lequel “Le territoire et les espaces géographiques de la République sont ceux qui correspondent à la capitainerie générale du Venezuela avant la transformation politique entamée le 19 avril 1810, avec les modifications résultant des traités et arbitrages non entachés de nullité”.

 

Selon cette même émission il existe un document officiel de caractère confidentiel dans lequel est définie une stratégie militaire pour envahir la péninsule de Guajira et une partie des Llanos orientaux qui appartiendrait au Venezuela; cette stratégie serait présentée sous une forme ludique comme un jeu de tactique militaire appelé Guacaipuro.

 

Dans un exercice de politique-fiction, on pourrait soutenir que le gouvernement Chavez espère mettre la Colombie dans une situation difficile: s'il la conduit à une confrontation armée avec le Venezuela, les aides qui proviennent, entre autres, des Etats-Unis dans le cadre du Plan Colombia seraient gelées, car elles n'iraient pas combattre le narcoterrorisme des FARC, mais soutenir un conflit guerrier de caractère international. Face à cette situation des forces militaires de Colombie seraient fragilisées et elles seraient la cible d'une contre-attaque de la guérilla, ce qui compliquerait la situation politique et sociale des dynamiques du conflit intérieur colombien. Quel serait l'intérêt du Vénézuéla? Pourquoi ferait-il cela? En ce moment les réponses à ces deux questions sont données par les médias.

 

Comme nous le voyons cette situation, qui pourrait avoir des conséquences géopolitiques dans toute la région, tend à se compliquer sous les regards passifs d'organismes internationaux comme l'OEA, appelés à être les garants de la paix politique de la région.

 

 

[1] La Noche http://www.canalrcn.com/programas/laNoche/index.php?op=info&idC=47945

mercredi 24 janvier 2007, a 19:23
Le Monde joue le jeu des médias colombiens

  J’ai lu  avec étonnement dans Le Monde du 23/01, sous le titre Colombie : un otage s’est évadé, un article à propos de l’ex-ministre colombien Araujo, qui vient de retrouver sa liberté après cinq années entre les mains des FARC (l'enlèvement a eu lieu le 4 décembre 2000). L’article, traduit de l’espagnol (El Pais) sans recul ni analyse, reproduit l’image d’une victime de la guérilla colombienne, transformée en héros et exemple de résistance et de force morale. Ce qu’oublie  la rédaction du Monde est qu’au moment de son enlèvement pesait sur  l’ex ministre Araujo un procès pour escroquerie envers la ville de Carthagène. En effet, Araujo avait été mis en examen pour la vente irrégulière à prix d’or d’un grand terrain, situé près du centre-ville de cette principale ville touristique de Colombie, qui appartenait pour partie à la ville et pour partie à des propriétaires pauvres expropriés. Précisons que la famille Araujo possède l’une des principales sociétés de BTP de Carthagène.

 

L’ex ministre a recouvré sa liberté quelques jours après l’échéance de sa mise en examen. S’il faut se réjouir qu’une personne soit de nouveau en liberté, car c’est un acte barbare que de priver un être humain de son bien le plus précieux, il faut pas reproduire sans analyse l’image d’un ex ministre  héros, quand celui-ci a commis des actes malhonnêtes, qui vont à l’encontre de la vie politique et sociale d’un peuple, car ce sont aussi des actes barbares contre le politique qui affaiblissent nos institutions démocratiques et entament la confiance des citoyens.

 

Trop souvent, les médias français évoquent le conflit avec les FARC comme unique grand malheur de la société colombienne, en oubliant l’existence d’une très forte corruption qui nuit à la vie politique, entretient le conflit, et gangrène la société colombienne – à ce jour, pas moins d’une douzaine de députés et élus sont soupçonnés d’avoir des rapports avec les paramilitaires dont ils auraient financé les campagnes, et trois d’entre eux ont été mis en examen pour ce motif.

 

A. M.

jeudi 21 décembre 2006, a 19:21
Les paradoxes du discours politique de la FARC –EP

     Par Angelica Montes (*)

La situation de conflit en Colombie dure depuis plus de 60 ans et chaque processus de paix s’est soldé par une défaite politique. En septembre 2006, le pays se réveille avec la nouvelle d’un possible recommencement des dialogues de paix avec les FARC. Les premiers à saluer cette initiative sont les familles des personnes séquestrées par les FARC pour des raisons politiques. Après plus de quatre années de politique de fermeté face aux guérillas le gouvernement du président Alvaro Uribe annonce sa volonté d’entamer un dialogue de paix avec les FARC, le groupe guérillero le plus puissant du pays, avec le but d’obtenir la libération des personnes kidnappées. Les FARC, plus grande guérilla du pays avec 17.000 hommes, réclament la libération de 500 rebelles détenus contre celle de 58 otages, personnalités politiques et militaires dont trois Américains et Ingrid Betancourt, ex-candidate des Verts à l'élection présidentielle. 

                                                          Du jour au lendemain, le 20 octobre 2006, le « dialogue » a été rompu, après un attentat dans l’Ecole militaire de Bogota, qui a fait revenir le président Uribe à son discours de fermeté face aux terroristes. Le gouvernement a immédiatement accusé les FARC d’être les auteurs des attentats. Pour le président Uribe et son ministre de la Défense (Manuel Santos), il ne fait aucun doute que les FARC sont des terroristes sans aucune volonté politique de trouver une solution à la situation des kidnappés.

   UN langage désobligeant envers les FARC, que le président avait mis entre parenthèses, est réapparu avec force, cette fois-ci accompagné d’un appel à l’opinion publique. La population est invitée à participer à la défense de la patrie en donnant des renseignements pour capturer les terroristes, qui en commettant des attentats contre les forces armées sont contre la patrie colombienne toute entière. La télévision diffuse de nouveau les photos des « terroristes » (FARC), avec le montant de la récompense s’ils sont pris morts ou vifs.

                                                

    Cet article écrit en novembre 2001, mais toujours d’actualité en décembre 2006, retrace la dialectique de la relation guérilla – gouvernement ces dix dernières années en Colombie, les paradoxes et les carrefours d’un des conflits les plus anciens dans la région des Amériques. 
     Le mouvement de guérilla colombien FARC-EP, qui naît au sud du département  de Tolima en 1964 et est déclaré selon ses membres comme étant « un recours de résistance devant l’agression de l’Etat (..) vers la recherche du pouvoir politique pour construire un nouveau pays démocratique avec une justice sociale» ,vit depuis les années 80 une de ses périodes de forte croissance et de renforcement militaire.

                                          

Au cours de ces années la confrontation armée est devenue plus complexe, ce qu’Eric LAIR appelle une «rupture stratégique » par le fait d’un changement dans les objectifs, la représentation, les moyens et l’assise socio-spatiale des deux guérillas les plus
importantes: « lors de leurs conférences respectives tenues en 1982 – 1983, les FARC et l’ELN ont adopté des stratégies politico—militaires particulièrement offensives: entre autres choses, elles désirèrent dédoubler leurs fronts de guerre existants, se disséminer géographiquement selon une logique centrifuge, diversifier leurs sources de financement et s’immiscer davantage dans la vie des municipes en vue de créer les conditions d’une insurrectionpopulaire »  (Lair)

                                       
C’est dans ce contexte qu’on peut se demander de quelle façon le changement de stratégie décrit par Lair peut être accompagné par une fracture dans le discours,c’est-à-dire, de quelle façon le discours politique qui a justifié tout au long de ces années la lutte armée de la guérilla pour la défense des intérêts de la population civile et paysanne est niée par cette
nouvelle stratégie d’offensive militaire.
Le présent article a pour objectif de montrer comment on peut présenter cette négation du discours politique. Pour cela nous ne prendrons que quelquesdéclarations concernant deux thèmes particuliers que le Secrétariat de l’Etat Major Central des FARC–EP a
rendu public sur la Réforme Agraire et sur la Paix, opinions apparues lors de la Huitième Conférence(avril 1993, la Uribe-Meta), du Discours de Lancement du Mouvement Bolivarien pour la nouvelle Colombie (29mars 2000) et au cours de deux entretiens avec le
Commandant en Chef : Marulanda Velez. De plus, nous analyserons, en nous basant sur quelques comptes rendus publiés par le CODHES, dans quelle mesure le discours tenu dans ces documents contredit les actions belliqueuses du mouvement.
                   La Réforme Agraire
En avril 1993,  le Secrétariat de l’Etat Major Central des FARC –EP, réuni dans la région d’Uribe-Meta, fait connaître sa Huitième Conférence(Déclaration Politique), une sorte de bilan général de ses trente années de lutte armée. Dans ce document, on constate que, dès le début et jusqu’à ce jour le discours politique du mouvement de la guérilla (qui se déclare marxiste-léniniste) a été influencé par la demande auprès de l’Etat d’une Réforme Agraire
paysanne.                                             7 La Huitième Conférence confirme que son but n’est pas d’abolir l’Etat mais de créer un régime politique «pluraliste, patriotique et démocratique » auquel participeraient tous les secteurs de la population nationale.
La FARC-EP considère que la solution du conflitdemande la participation de tout le pays et ne devra plus être traité comme un problème entre gouvernement et guérilla. Pour cela ils proposent leur «Plate-forme d’un gouvernement de reconstruction et réconciliation nationale » (Huitième Conférence 1993).
   En analysant les déclarations des commandants, tant dans les entrevues que dans la déclaration politique de 1993, on observe que pour le Secrétariat de l’Etat Major Central des FARC–EP la participation démocratique exige que la population civile paysanne,
ouvrière et indigène soit partie prenante dans les décisions de l’Etat. C’est seulement ainsi que l’on garantira une justice sociale plus équitable et moins sujette à des compromis de partis qui se sont succédés tout au long des décennies de gouvernements oligarchiques. Ceux-ci, selon son opinion, sont responsables de « l’absence d’une véritable réforme agraire attribuant la terre à celui qui la travaille et d’un programme assurant à tous la santé, un toit,l’ éducation et un travail. Tout ceci est la conséquence de la distribution inégalitaire des richesses. Il faut ajouter à cela la violence institutionnelle de l’état, exercée par ses organes répressifs, pour maintenir  l’ordre social ainsi établi au bénéfice de la classe dominante » (Marulanda).
   Pour les FARC-EP, depuis le 20 Juillet 1964, « Les combattants de Marquetalia au sud de Tolima ont proclamé le programme agraire des guérillas qui, avecle temps, deviendra notre programme agraire. Dans ce programme nous préconisons la lutte pour une Réforme Agraire révolutionnaire qui liquidera les bases de la propriété « latifundiste » et remettra la terre à la paysannerie, garantissant les conditions pour une exploitation économique »  (Discours de Lancement du Mouvement Bolivarien ).
     Trente sept ans plus tard, ces affirmations amènent le lecteur à se poser une question : Comment harmoniser ces déclarations avec les chiffres alarmants des paysans déplacés ?
     Selon un rapport du Bureau du Haut Commissariat des Nations Unies pour les Réfugiés, entre 531 et 936 personnes fuyaient tous les jours durant l’année 2001. Ce rapport signale que, tout au long de l’ année 2002, on a enregistré 168 déplacements massifs et qu'un
minimum de 531 personnes sont expulsées chaque jour à cause de la violence. Les motifs de la fuite de leur région d’origine sont : les menaces 34%, la peur 18%,les assassinats sélectifs 19%, les affrontements armés 10%, les massacres 9% (le tout fait partie de la
violation des DDHH et DIH). Selon les rapports que donne Codhes  les violations des droits de l’homme et les déplacements de population se sont imputés à la FARC-EP, l’ ELN et les AUC.

    Ce même organisme fournit des chiffres qui nous permettent de dire qu’après 37 ans de lutte pour la Réforme Agraire, la situation dans le pays à ce sujet, loin de s’être améliorée, a empiré : « trois cents latifundistes’ propriétaires d’ exploitations supérieures à 2000 hectares ont agrandi leurs propriétés de 31 millions additionnels entre 1984 et 1997, alorsque pendant cette même période un demi million de paysans seulement ont pu augmenter leurpropriété de 238 000 hectares, soit un demi hectare en moyenne par famille » .
    Cette migration rurale a provoqué des changements brusques quant à la possession des terres, ce qui en Colombie est historiquement en butte à de violents processus de contre réforme agraire, qui de plus affectent la production agricole et la qualité de vie des paysans déplacés, ces mêmes paysans qui depuis le 20 juillet 1964 à Marquetalia sont soutenus par la FARC-EP  avec une féroce obstination.
                        La Paix
A ce sujet, les déclarations des commandants de la FARC-EP, comme celles de tous les acteurs du conflit armé, sont ambiguës, probablement car rattachées à la conjoncture politique. C’est ainsi que, par exemple,
en mars 1992 lors des dialogues de  paix à Tlaxcala (Méxique) pendant le gouvernement Gaviria, les porte-parole du mouvement s’engageaient à  revoir etcorriger tous les aspects de la confrontation qui affectent la population civile (séquestrations,disparitions forcées, détentions arbitraires entre autres). Ce compromis de paix pour le pays fut réitéré
six ans plus tard en 1998, seulement trois mois après la prise de pouvoir du Président 0Andres Pastrana . Le chef suprême des forces insurgées du mouvement déclarait «nous voulons la paix, sans faim, sans lois répressives » . Cet enthousiasme pour la paix leur a
permis d’obtenir la reconnaissance en tant qu’organisation belligérante.

Deux ans plus tard, en pleine crise du processus de paix, le même Marundala affirmait « dans ce pays, il y a longtemps qu’il n’existe plus de garanties pour les opposants politiques au régime, par conséquent il est impossible d’utiliser les tribunes bourgeoises de manière révolutionnaire, comme le préconisait Lénine,parce qu’ici en Colombie, celui qui représente lavéritable opposition, en étant élu aux institutions publiques, est assassiné sans aucune sorte de considération » (Marulanda). Ces déclarations du mouvement indiquent clairement que l’unique façon de lutter est la lutte armée et la seule manière de prendre le pouvoir est la force que celle-ci vous donne.
     La position du mouvement de guérilla paraît être ainsi attachée au caractère fluctuant des conjonctures et des sympathies des gouvernements du moment. Ceci permet d’expliquer pourquoi face à l’opinion publique nationale et internationale les propositions de paix de la FRC-EP sont discréditées : après deux tentatives pour obtenir la paix (Gouvernements de Bétencourt 1984 et Gaviria 1993) et l’échec du processus de paix avec
le gouvernement du président Pastrana (an 2001) la population commence à exprimer son pessimisme et son incrédulité envers les promesses du mouvement armé.
                  
En Colombie, à partir des années 1980, la guerre «civile » s’endurcit, en partie à cause  de la politique offensive des mouvements de guérilla, qui a provoqué l’inclusion agressive de la population civile dans le conflit. Celle-ci, à son grand regret, est devenue un acteur de plus dans le conflit : « toute personne qui ne coopère pas devient un suspect à priori. Les belligérants imposent ainsi au conflit une dynamique locale ami-ennemi, afin de clarifier les
rapports sociaux. Ces phénomènes de belligérance forcée rendent la neutralité extrêmement difficile pour les populations qui n’ont d’autre  alternative  que de se rebeller contre l’ordre imposé, de s’enfuir ou de se soumettre à un protagoniste armé » (Lair)

    Dans ces circonstances, on se demande jusqu'à quel point dans un pays comme la Colombie, qui va finir sans ses paysans (ceux-ci « fuyant vers les villes » ) et sans terres à cultiver, non seulement à cause de la peur de la guerre mais aussi à cause des actions sauvages des grands propriétaires terriens (selon les renseignements du Codhes : une famille paysanne possède en moyenne ½ hectare de terre), l’idée de faire une Réforme Agraire est-elle suffisante pour justifier politiquement les actions belliqueuses de
tous les acteurs armés ?

Dans le cas de la Farc-EP, la contradiction entre ses paroles et ses actions est évidente. Le mouvement continue à baser son discours sur une stratégie de lutte qui appelle un appui des populations paysannes,ouvrières et indigènes et leur insurrection populaire,alors qu’il utilise l’extorsion et la terreur psychologique contre la population civile.

Quand au thème de la paix , on se trouve sur un «terrain miné» . En effet les exigences des deux acteurs de la guerre exigent un certain degré de confiance mutuelle qui s’est perdu et qui peut-être n’a jamais existé. Le  Gouvernement demande un cessez le feu et un désarmement, la guérilla affirme qu’elle ne signera pas une « paix romaine » qui serait celle des vaincus et des cimetières.

Si les FARC-EP ne croient pas que  tant que les destins politiques de ce pays seront aux mains des partis de droite il ne peut y avoir de démocratie, si elle ne fait pas confiance aux éventuelles garanties de sécurité que lui offrirait l’Etat dans le cas où serait proposé un processus de réinsertion (crainte légitime après l’extermination et la persécution des
membres de l’Union Patriotique, bras politique de la FARC-EP, qui en toute légalité tenta de s’ouvrir un espace sur la scène politique du pays) et si elle ne paraît pas désireuse de négocier une issue pacifique à la guerre intestine dans la quelle la Colombie se
débat, quelle autre voie leur reste-t-il pour arriver au pouvoir, si ce n’est celle de s’imposer
militairement  par la terreur et la confrontation directe avec l’Etat qui encercle la société civile ?

             A.M

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L'auteur du site: Angélica Montes, Philosophe colombienne. Spécialiste en philosophie politique, actuellement en doctorat à Paris VIII.
Collaborateurs: Hugo Busso,Philosophe argentin et Graciela Ferras, Philosophe argentine.
***

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La reproduccion parcial y total de estos textos exige mencionar la fuente original, sopena de incurrir en un plagio intelectual.

Agradecimientos:
Muchas gracias a Isabelle Bigard por su invaluable ayuda en la preparacion de este Blog y sus permanentes intercambios academicos. Gracias a mi queridisimo Rafael Dussan ("el artista"), creador de las pinturas que ilustran algunos de estos articulo.

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